Marchés : Now what ?

  • La température des marchés, la volatilité depuis le début de l’année. Avec les perspectives encourageantes de vaccins, allons-nous finalement terminer 2020 au niveau de volatilité du début de l’année ?

 

  • Aux États-Unis, la participation est la grande gagnante de cette élection avec 150 millions de suffrages exprimés (et comptés…). D. Trump s’installe maintenant dans une rhétorique assez bien identifiée qui consiste à répéter toujours la même chose (fausse) jusqu’à ce que le doute s’instille et que finalement certains y croient. Tout ce qui est répété gagne en crédibilité…

 

 

  • Du point de vue de ses électeurs, il est vrai que le bilan de D. Trump pouvait paraître flatteur avant de se briser sur sa gestion de la crise du Covid. Pendant sa mandature, le salaire médian a augmenté de plus de 4.500 USD, le chômage n’a jamais été aussi bas, presqu’au niveau du plein emploi (~3%), y compris pour les Afro-Américains, et les salaires n’augmentant pas par ailleurs, la productivité était en hausse. L’impôt sur les sociétés a baissé et la performance des marchés actions a été excellente, à la grande satisfaction des fonds de pensions dans lesquels sont investis les plans de retraites des Américains. Mais cette performance des marchés est en fait assez en ligne avec celle des mandatures Obama.
S&P 500 en USD S&P 500 en USD annualisé
Obama 1 (20.01.09 – 20.01.13) + 90,77% +17,51%
Obama 2 (20.01.13 – 20.01.17) + 66,36% + 13,56%
Trump (20.01.17 – 11.11.20) +70,04% +14,95%

 

  • Seuls les prix des nombreux produits importés, ont considérablement augmenté notamment les biens d’équipements courants et les plus merveilleux vins du monde… Sous le double effet des taxes douanières et du dollar faible. Et, dans une économie plus ou moins confinée, les Américains ne se déplaçaient guère et ne consommaient donc pas le seul produit dont le prix baissait, le pétrole. Paradoxalement, ce confinement à la sauce américaine a été plutôt inflationniste pour les dépenses des ménages. Ce qui n’a qu’une importance relative puisqu’ils ont été inondés d’helicopter money pour l’instant allouée à l’épargne. La libération de cette épargne dans une économie vaccinée qui retrouverait des couleurs sera alors probablement inflationniste. Mais la Fed veille… « 2%, no more ».

 

 

  • Et il est illusoire d’imaginer que ces productions industrielles faites en Asie soient un jour rapatriées dans le tissu industriel américain.

 

  • Simultanément, la Chine retrouve le chemin de la consommation interne avec un chiffre d’affaires conséquent d’AliBaba lors de la fameuse « journée du célibataire », genre de méga soldes qui a permis de générer 56 Mds€ de CA pour l’entreprise de e-commerce à raison de 583 000 commandes par seconde…

 

  • La cohabitation qui va sans doute s’installer entre un président démocrate et un sénat républicain, va inscrire la politique américaine dans une continuité sur le fond et par une forme plus policée ! Les plans d’investissement de 3 000 Mds USD dans les infrastructures prévus par le programme électoral de J. Biden ne seront sans doute pas acceptés, du moins pas dans leur totalité, pas plus que son Green Deal. Mais les projets « Green » relèvent en fait davantage d’une décision de chaque état que de la sélection de projets au niveau fédéral.

 

  • L’équipe Biden va se concentrer sur plusieurs thèmes principaux. D’abord la mise à disposition de la sécurité sociale pour tous, cheval de bataille personnel de Kamala Harris. Simultanément et dans le même esprit, réduire les inégalités au moyen d’un effort marqué sur l’éducation. Ensuite, une révision de la fiscalité pour les plus riches Américains, avec la difficulté de la définition de « riche » aux Etats-Unis. A l’international, c’est davantage un respect des organisations internationales (OMC) et des alliances stratégiques (OTAN).

 

  • Mais, loin des géants américains et chinois, la première urgence de l’Europe reste la gestion de la pandémie, et en particulier en France. Même si de nombreux autres vaccins que Pfizer sont entrés dans leur phase III de tests, leurs délais de fabrication, de distribution et d’injection à grande échelle sont encore très incertains. Le re-confinement « d’hiver » va donc avoir un impact marqué sur la reprise de la croissance qui s’était entamée à l’été, même si le discours optimiste de la plupart des gérants reste autour de l’idée que la croissance repartirait vite et fort.


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auteur(S)

Expert en solutions d’ingénierie financière depuis plus de 20 ans avec de solides compétences dans le métier de la gestion financière, Thierry a rejoint SIACI SAINT HONORE en 2015 pour développer l’activité d’Investment Consulting.

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