Marchés : La rentrée ? le 26 septembre

Allemagne

Début des élections le 26 septembre, avec une préférence exprimée par Angela Merkel pour Armin Laschet, le moins charismatique des deux prétendants de la CDU-CSU. Mais Olaf Scholz, l’actuel ministre des finances, social-démocrate (SPD), pourrait bien ressortir des urnes avec un bel avantage. Très populaire et notoirement Europhile, il pourrait composer une coalition intéressante avec les Verts.

Reprise

Signe de forte reprise, notamment en Europe, l’indice PMI (à gauche) ressort très au-dessus de 50. Le niveau de cet indice est surtout nourri par la très forte reprise dans les services aérien, fret, restauration…

Les excellentes publications des résultats des entreprises américaines ont participé à la hausse des marchés : 90% d’entre elles ayant publié des résultats à mi année très supérieurs aux attentes. Les entreprises européennes prendront sans doute le relais fin 2021.

La performance des marchés à fin août ressort donc comme suit

Concernant la vaccination, la résistance des vaccins à ARN messager aux formes graves des variants reste robuste alors que leur effet sur la diffusion du virus semble se réduire après quelques mois. D’où l’idée d’entrer dans une série de campagnes de rappels, finalement un peu comme la grippe pour les plus fragiles ? Sans compter les progrès en cours et les résultats très encourageants de nouveaux traitements.

Cette reprise s’accompagne d’une très forte création d’emplois aux États-Unis mais nous ne sommes pas encore revenus au plein emploi de la fin 2019. En effet, un certain nombre d’Américains bénéficient encore des aides gouvernementales et ne ré-entrent donc pas, pour l’instant, sur le marché du travail. Pourtant, les gigantesques projets d’infrastructures devraient être pourvoyeurs d’emplois dans les mois qui viennent: on estime qu’en plus du plan gouvernemental, plus de 3% de l’allocation des fonds de pension vont s’investir dans ces projets.

Dans ce contexte de reprise de l’activité, l’inflation US observée est au plus haut depuis 10 ans (5,4%), portée par la reprise de la demande de services aériens et hôteliers (effet de base après leur quasi arrêt en 2020) et par une hausse des matières premières, pétrole et cuivre semi-conducteur en particulier. L’accord salarial intervenu à la mi-août au Chili (13% des réserves mondiales de cuivre) contribue toutefois à un début de détente des prix.

 

Et pour que le pic d’inflation s’estompe, il va falloir aussi que se réduisent les goulots d’étranglement dans les transports maritimes apparus à la faveur de la reprise simultanée de la demande dans le monde entier. Sans nouvelles capacités de tonnages, faute de mises en chantier en 2019 et 2020, l’indice du fret maritime (Shanghai) s’est tendu. Ces goulots ne devraient toutefois commencer à se résorber qu’à partir de la fin de l’année, après les livraisons à honorer « quoi qu’il en coûte » pour les fêtes de fin d’année. Mais si vous êtes prêt à attendre votre marchandise, son prix à terme, « forward », devrait être sensiblement plus avantageux que son prix « spot », situation assez rare dite de « backwardation ».

Indice du fret conteneurisé de Shanghai :

Les investisseurs se sont donc concentrés sur le sujet inflation depuis le début de l’année : les fonds cotés indiciels inflation “ETF” ont collecté 20% des flux de fonds obligataires depuis le début 2021. Même s’ils ne représentent que 5% des encours. Mais attention, ces fonds ont souvent une duration assez élevée de l’ordre de 12 donc très sensibles aux hausses des taux.

La reprise en main très ferme du gouvernement chinois sur certaines entreprises, notamment celles qui drainent de grandes quantités de données personnelles – contrepouvoir dangereux – nous rappelle à la saine vigilance et à valoriser le risque politique intrinsèque aux investissements dans ce pays où il n’est possible de travailler qu’en Joint-Venture avec un acteur local. Le 20 août le gouvernement chinois a fait adopter une loi sur la « protection de la vie privée » visant à restreindre les collectes de données personnelles effectuées par les entreprises privées hors du contrôle du pouvoir central.

Cette reprise en main réglementaire participe aussi du plan ambitieux de doubler le PIB d’ici 2035, ce qui nécessite des investissements pilotés et dirigés alors que la démographie est en net recul. Seule une maîtrise très centralisée des technologies permettra les gains de productivité indispensables à cette croissance très (trop ?) ambitieuse du PIB.

Ce mode opératoire de reprise en main étatique nous rappelle aussi à la vigilance sur les emprunts d’État chinois qui présentent des rendements attractifs voisins de ~3%, plus du double des taux US, et très au-delà des taux zéro en zone Euro (-0,18% pour l’OAT 10 ans). S’il est envisagé de pouvoir utiliser ces obligations d’Etat comme collatéral aux opérations de dérivés OTC comme récemment suggéré par l’ISDA, alors attention au risque pays, au risque crédit, ainsi embarqué dans les véhicules d’investissements, y compris dans les ETF obligataires.

Rendements du 10 ans chinois :

Source : https://tradingeconomics.com/

10-year CGB / UST yield comparison, % :

Afghanistan

La nouvelle donne au pouvoir ne va pas manquer de conflits internes violents entre les « durs » plutôt issus du monde rural et les politiques issus d’un appareil difforme à têtes multiples. Outre un « PIB » à 20% issu du trafic d’opiacées (« seulement » 4% en Colombie), le pays regorge de réserves de terres rares, du lithium en particulier, qui nécessitent entre 10 et 20 ans d’investissement pour pouvoir les extraire dans des conditions géologiques particulièrement âpres. Pour ce faire, il faut bien sûr un environnement politique local stable, et une vue à très long terme : celle du voisin chinois, frontalier et peu regardant sur l’ESG de l’industrie minière afghane ! Des terres rares mais des conflits fréquents…

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auteur(S)

Expert en solutions d’ingénierie financière depuis plus de 20 ans avec de solides compétences dans le métier de la gestion financière, Thierry a rejoint SIACI SAINT HONORE en 2015 pour développer l’activité d’Investment Consulting.

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