Marchés : Early and strong…for how long ?

  • La température des marchés : la volatilité depuis le début de l’année (VIX). Attention, cette volatilité commence à remonter et risque d’être bien agitée à partir de la rentrée. De même, les taux d’actualisation qui étaient revenus à leur niveau de début d’année semblent à nouveau remonter à la fin juin. Entre autres sujets délicats de la fin d’année, les exercices d’évaluation « fast close » à fin septembre des engagements sociaux s’annoncent difficiles.

Source : Morningstar Direct

 

La question 2021 va certainement porter sur les hypothèses d’inflation, notamment celle estimée pour les salaires dans le cadre d’une évaluation des engagements sociaux. Compte-tenu du niveau de chômage attendu dans ces deux prochaines années, cette inflation des salaires devrait demeurer très faible et l’hypothèse retenue par les actuaires, très basse.

Mais elle va présenter un écart croissant avec l’inflation réelle du coût de la vie pour les salariés et les retraités. Ces derniers supporteront dans les prix des biens de consommation courante les coûts des mesures sanitaires prises par les producteurs. Nous arrivons bien aux limites des hypothèses de comptabilité ou de projections de rendements : nous sommes toujours certains qu’elles sont fausses !

Petite illustration de l’inflation de certains produits aux Etats-Unis depuis le début de l’année et la mise en place d’une économie de confinement, ce dernier étant peu respecté d’ailleurs :

Source : ABN AMRO

 

  • Enfin, les calculs d’engagements de passif social ne tiennent pas compte encore du passif sociétal. Quelle est la valeur de l’impact CO² par exemple de chaque salarié en fonction de son poste, son âge, sa présence sur site ou chez lui ? Un important chantier d’exploitation intelligente de la donnée est à ouvrir puis à normer et enfin à valoriser.

 

  • Performances des marchés, en Euro, à fin juin et depuis début 2020 :

 

  • Noter que depuis le début de l’année, l’indice S&P 500 est plutôt devenu le « S&P 5 » puisque plus de 20% de sa capitalisation est portée par 5 valeurs, les GAFA et Microsoft avec son logiciel Teams, le nouvel ami des télétravailleurs confinés…

Source : Fidelity

 

  • Face à la crise exceptionnelle, les banques centrales ont toutes agi de concert très fort et très tôt, ce qui est également exceptionnel. Première démonstration synchronisée du principe « go strong and go early». Le graphique ci-dessous est très parlant et montre comment en 3 mois, la Fed a injecté autant de monnaie qu’en 5 ans après la crise de 2008.

 

  • Clairement, les banques centrales se positionnent comme assureurs de derniers recours, achetant la dette des états, celle des entreprises, des parts d’ETF de dette High Yield et même des actions pour certaines d’entre elles (Banque du Japon). Elles fournissent de fait une couverture aux marchés risqués, un gigantesque « put », soutenant l’appétit pour les actions, réputées être l’actif risqué. Et cantonnant donc pour l’instant l’inflation à ces actifs.

 

  • En Europe, c’est Angela Merkel qui prend la présidence tournante pour 6 mois, dernière fois de son mandat. Mais c’est avec une équipe remaniée aux finances de son pays, plus jeune et très pro Euro. Nul doute qu’elle aura envie de faire avancer le plan échafaudé avec Emmanuel Macron pour marquer son dernier mandat.

 

  • Elle devra aussi conduire les négociations commerciales avec les États-Unis et leur président à l’avenir – et comportement – incertains. Conduire simultanément les négociations avec la Chine et gérer un Brexit. Angela ne va pas chômer.

 

  • Les négociations sur le Brexit reprennent le 6 juillet, puisqu’il n’y a pas eu de demande explicite d’extension par le Royaume-Uni, qui continue donc d’appliquer les règles de l’UE jusqu’au 31 décembre. En l’état actuel des choses, on s’achemine donc vers un no deal hard Brexit sans accord, mais une solution de « deals sectoriels » commence aussi à se dessiner, qui laissera toutefois certains secteurs sans accord.
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auteur(S)

Expert en solutions d’ingénierie financière depuis plus de 20 ans avec de solides compétences dans le métier de la gestion financière, Thierry a rejoint SIACI SAINT HONORE en 2015 pour développer l’activité d’Investment Consulting.

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