Covid-19 : ce que nous disent les gérants confinés

  • Avec la dégringolade des marchés, la volatilité augmente à un niveau historiquement haut. Dans ce type de configuration, tous les actifs se recorrèlent et hélas, la sacro-sainte diversification ne joue plus son rôle. Momentanément toutefois. (Ci-dessous la volatilité depuis 5 ans).

 

 

L’économie et ses acteurs

  • Il s’agit d’abord d’une subite interruption de la circulation de la monnaie entre clients et fournisseurs, entre demande et offre. La célérité de la monnaie est devenue nulle, la sève ne circule plus dans l’arbre en croissance. Prélude à une « récession technique ».
  • Une banque centrale ne peut rien pour la santé des individus.
  • De fait, les banques centrales travaillent davantage au bon fonctionnement des marchés et contre les risques d’insolvabilité que sur un stimulus. La BCE pourrait ainsi racheter des actions d’entreprises en difficulté.
  • Le choc est historique, mais la réponse à ce choc l’est tout autant et en avance de phase (avant même de connaitre les résultats économiques du choc). La Fed ne parle plus de niveaux de taux mais d’aide « illimitée » !
  • Les investisseurs institutionnels sont plutôt “calmes” et résilients lorsqu’ils connaissent bien leurs échéanciers de paiements et donc le rythme auquel ils sortiront des fonds. Pour mémoire, ils étaient déjà sortis massivement des marchés actions en 2019.
  • Vers une plus grande intervention des Etats et davantage de régulations. Des nationalisations partielles ou temporaires sont envisageables.

 

L’Union Européenne est à rude épreuve… mais apprend

  • Une Europe unie, enfin ? Accord des 27 de l’Union pour suspendre le pacte de stabilité, laisser filer les déficits, ce qui veut dire la fin temporaire du « Schwarz Null » allemand.
  • De même, l’émission d’EuroBonds mutualisant les dettes revient à l’étude. Encore un dogme allemand qui tomberait. Certains envisagent même l’émission de Corona Bonds pour les pays les plus touchés : mais qui y souscrirait ? Ou éventuellement les intégrer en partie dans des émissions de « green » ou/et « health » bonds.

 

Et demain ?

  • A ce jour, les valorisations boursières en Europe sont revenues à la valeur comptable des entreprises. Leur « price to book » est proche de 1.
  • Un décrochage supplémentaire n’aurait pas de sens. Par exemple, comment une compagnie aérienne pourrait valoir moins que sa flotte d’avions minorée de ses dettes ? (ci-dessous l’évolution du « price to book » des actions européennes et américaines)

  • La prochaine étape possible sera le rachat d’actions par les Banques Centrales (comme le fait la Banque du Japon). Il semble qu’il n’y ait aucune limite à la réaction de ces grandes Banques Centrales.
  • La semaine dernière, les mots des gérants étaient autour de la “liquidité”. Depuis le début de cette semaine on lit plus souvent le mot “opportunités”.
  • Pendant ce temps, la Chine ré-ouvre l’accès au Hubei le 8 avril après avoir confiné la ville le 23 janvier (76 jours).
  • Oui il y aura récession technique marquée et temporaire. Mais sans doute pas de dépression,e. une récession qui durerait. Cela signifierait qu’on ait trouvé ni thérapie ni vaccin d’un virus pourtant bien identifié.
  • On s’acheminerait donc vers une reprise en “V”, l’inconnue restant la pente et la date départ de reprise du « V ».

 

Un sujet sociétal

  • Nous nous rappelons brutalement que les maladies contagieuses n’ont pas disparu.
  • En zone Euro tous les Etats ont intérêt à aider leurs voisins : c’est le « test aux limites» de l’Europe.
  • Usage d’internet : 15 000 techniciens des réseaux en France sont en fait quotidiennement sur le terrain. Les salariés en télétravail qui consomment du réseau chez eux ne me consomment pas sur leur lieu de travail.
  • On commence à observer une utilisation raisonnée et une prise de conscience d’une responsabilité numérique collective : téléchargements la nuit des films et des cours des étudiants, etc. Netflix propose de réduire 25% sa consommation de bande passante.
  • Quid alors de la neutralité du net ou de l’usage des données de géolocalisation pour suivre par exemple les personnes testées positives et leurs contacts, i.e. la mise en œuvre du « backtracking » : un enjeu de santé ET de démocratie ?
  • Les JO reportés d’un an : autant d’activités, consommation, médias, voyages, hôtellerie déjà certaines pour 2021.
  • Comment se gérera la reprise ? Comment sortir d’un jeûne forcé sans risquer l’étouffement ?

 

Nous remercions : UBP, Fidelity, Kepler Chevreux, Lazard Frères Gestion, AXA IM, JP Morgan, SKY Harbor Capital, Ostrum AM, Goldman Sachs AM, pour la qualité de leurs conférences téléphoniques et documents, sources de nos lectures et de ce résumé.

Inscrivez-vous à notre newsletter
  • Hidden
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

auteur(S)

Expert en solutions d’ingénierie financière depuis plus de 20 ans avec de solides compétences dans le métier de la gestion financière, Thierry a rejoint SIACI SAINT HONORE en 2015 pour développer l’activité d’Investment Consulting.

PARTAGEZ

Partager sur linkedin
Partager sur twitter
Partager sur facebook
Partager sur email

À lire aussi

Marchés

Marchés : pas de trêve ?

Vaccination Bonne leçon sur la nécessité absolue d’aider tous les pays à étendre la vaccination, le variant Omicron arrive d’un pays sous vacciné, dans lequel…

Lire la suite