Observatoire des passifs sociaux du CAC 40 : les chiffres-clefs de 2020

L’analyse détaillée des notes annexes aux comptes consolidés des Groupes du CAC 40 donne un aperçu des enjeux financiers liés à l’évaluation et à la comptabilisation des passifs sociaux de ces entreprises à l’échelle mondiale.

Ces passifs sociaux découlent de divers avantages offerts aux salariés ; il s’agit en grande majorité d’avantages postérieurs à l’emploi assimilés à des régimes de retraite d’entreprise à prestations définies.

En cumulé, les engagements de retraite (appelés aussi DBO pour Defined Benefit Obligation dans la norme IAS19) des entreprises du CAC 40 s’élèvent à 210 Mds €. L’engagement moyen est de 5 Mds €, allant de 16 Millions € pour Unibail-Rodamco-Westfield à 23 Mds € pour Airbus Group.

Au global, le niveau des engagements 2020 est relativement stable par rapport à ceux de l’année précédente (208 Mds € en 2019) :

  • la baisse des taux d’actualisation sur l’année 2020 (de l’ordre de -40bp* en zone € et de -70bp* au UK et aux US) a engendré des hausses d’engagement (*bp = point de base)
  • l’évolution des taux de change (-9% pour le taux de change $/€ et -5% pour le taux de change £/€ sur 2020) a eu un effet baissier sur les engagements consolidés en €
  • et certains groupes ont comptabilisé des réductions exceptionnelles d’engagements liées à des restructurations ou à des modification de régimes

En moyenne les entreprises du CAC 40 ont préfinancé 63% de leurs engagements via des actifs de couverture. Mais les pratiques en matière de préfinancement de ces engagements sont très variables ; les taux de couverture vont de 9% pour Teleperformance à 94% pour Pernod Ricard.

Les provisions comptables, égales à la différence entre les engagements et les actifs de couverture, sont très significatives : elles représentent au global 7,5% des capitaux propres des groupes du CAC 40 (contre 7,0% en 2019).

Les impacts en compte de résultat et en « cash » de ces régimes sont également des enjeux financiers majeurs pour les entreprises :

  • La charge annuelle moyenne est égale à 126 Millions €, allant de 4 Millions € pour Teleperformance à 749 Millions € pour Airbus Group. En moyenne, cette charge représente 14% du résultat net des entreprises du CAC 40.
  • Les prestations annuelles moyennes (paiement « cash » par l’employeur ou le fonds de couverture) s’élèvent à 239 Millions d’€. En moyenne, ces paiements représentent 4% des coûts du personnel.

Conscientes des enjeux, les directions financières de ces grands groupes poursuivent leurs réflexions en matière de réduction des risques : externalisation de certains risques, transformation de régimes, transaction « cash »…

Elles peuvent également actionner d’autres leviers pour tenter d’améliorer encore davantage leur bilan (provisions, p&l et cash-flows) :

  • Les hypothèses sous-jacentes à l’évaluation des passifs doivent être suivies et régulièrement mises à jour. Des hypothèses trop prudentes peuvent accroitre de façon très significative les provisions à passer et les charges annuelles (p&l).
  • Du côté des actifs de couverture, il est indispensable de suivre en continu les performances de chaque support, ainsi que de suivre l’adéquation des placements avec la durée moyenne du passif.  Ces actions permettent de valider les décisions prises ou d’effectuer des arbitrages, dans l’optique de maximiser les performances financières des actifs de couverture.

 

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Actuaire certifié, 10 ans d’expérience en cabinets de conseil en actuariat, il rejoint SIACI SAINT HONORE en 2017 pour accompagner les entreprises dans la mise en place et la valorisation des régimes de retraite supplémentaire.

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